Tuesday, July 6, 2010

Réforme des retraites, un échec du marketing?

J'avoue tricher. Ce post ne relève pas vraiment du marketing, plutôt de la communication. Honte à moi pour entretenir la confusion, alors que les deux disciplines sont clairement différentes.

Ce qui est tout aussi clair, c'est que ni le gouvernement, ni ses opposants n'ont de communication claire et bien définie afin d'expliquer la situation, le problème (s'il y en a un) et les solutions possibles. Les formulations simplistes s'affrontent dans une cacophonie de lutte des classes, alors même que les méthodes de comptabilité étatiques n'ont pas clairement, de près ou de loin, fixé de coût aux changements dans la pyramide des âges.

Un ami m'a fait parvenir le lien suivant, décrivant "les grandes phrases force de loi qui sont sorties actuellement par le gouvernement en proposant des "contre arguments"" (je cite le dit ami) http://www.france.attac.org/spip.php?rubrique1174

Ce sont des arguments économiquement (et de façon hilarante) très proches de ceux utilisés par les banques d'investissements pour justifier ce qui semblait être des investissements risqués: "en fait, il n'y a aucun problème, nous contrôlons la situation, et la croissance économique fait que tout va bien aller et se rétablir". Bien évidemment, ces arguments étaient spécieux et de mauvaise foi. Ils ignoraient bon nombre de problèmes systémiques fondamentaux, et la suite des évènements a bien prouvé ce qu'il en était.

De façon générale, il n'est pas bon de bâtir un argument pour étayer une thèse à laquelle on croit instinctivement, et c'est là une grande leçon dans la communication et le marketing au sein des entreprises privées.

Dans le cas d'ATAC, le type d'arguments présenté par le collectif semble fortement s'éloigner de son image, même si les conclusions qui en sont tirées correspondent à ses orientations.

Le gouvernement mène mal le processus de réflexion (marketing) et de communication pour envisager, expliquer, et mettre en place une réforme des retraites. Il reste que nier la nécessité d'une réforme des retraites relève de lacunes out à fait similaires, en particulier si une étude est bâtie autour de ce rejet instinctif, plutôt que pour tenter de comprendre si ce rejet est justifié ou non.

Autant il semble normal qu'un ouvrier (ou d'ailleurs un membre de n'importe quelle autre métier) ne veuille pas faire le même métier jusqu'à 60 ans, autant cela ne veut pas dire qu'il faut entièrement arrêter de travailler. La solution passe peut-être par la reconversion professionnelle, l'augmentation des salariés senior ayant des horaires réduits ou aménagés, et l'augmentation de l'auto-entrepreneuriat qui peut permettre, dans les bonnes circonstances, aux gens de créer une nouvelle carrière et de renouveler un plaisir de travail (et oui, j'ai bien utilisé ce mot).

Mais ni la gauche ni la droite ne pipent mot de tout cela, préférant des grandes formules simplificatrices et démagogiques, et une (fausse) opposition entre classes sociales. C'est tout simplement de la mauvaise communication, et les électeurs ne s'y trompent pas, le niveau de confiance envers les classes politiques ayant atteint des planchers inférieurs à la confiance portée aux entreprises, pourtant culturellement mal perçues en France
Baromètre/sondage sur la confiance dans les institutions

Antoine Parmentier

No comments:

Post a Comment