J'ai récemment vu sur Facebook une pétiion pour "la liberté du partage de la culture", c'est à dire contre la loi Hadopi.
C'est une belle formulation, certainement, et en tout cas un bel acte de "marketing" de ce qui est légalement un vol de propriété intellectuelle.
Ceci dit, il est intéressant de constater que nombre d'entre nous ne considèrent pas la propriété intellectuelle comme une propriété privée, au contraire d'objets physiques. Les sentiments varient énormément en fonction des pays et de leur culture, ainsi bien sûr que du PIB par habitant en PPP. Un pays pauvre constatera très logiquement plus de piratages.
La France et les USA sont des cas intéressants, car dans la moyenne. Des abonnements peu chers et un accès facile à la musique et vidéo augmentent le taux de piratage, tandis que des systèmes légaux bien établis viennent le contrecarrer.
L'aspect psychologique est probablement le plus intéressant, mais très difficile à catégoriser succinctement. De nombreuses personnes sont outrées par les actions du gouvernement et des entreprises privées pour "restreindre", c'est à dire monnayer, l'accès à la "culture" (si on peut appeler ainsi les séries TV et tubes musicaux).
Mais à moins que le possesseur de l'oeuvre ne décide de l'offrir gratuitement au public, il n'y a aucune raison objective pour que l'acquisition de cette propriété intellectuelle soit gratuite, et ce même si elle a déjà été diffusée gratuitement sur des supports tels que radio et TV, payée dans ce cas par un abonnement ou les recettes publicitaires.
Au final, la plupart des arguments en faveur de la gratuité relèvent soit de politique anti-capitaliste un peu fallacieuse (avis aux fans de Lady Gaga: elle est tout ce qu'il y a de capitaliste) soit de justification pour ce qu'il reste un vol.
Les majors du disque ont essuyé des pertes financières lourdes, et cherchent donc à rentabiliser leurs oeuvres. Madonna n'a certes pas besoin des 20€ de la vente d'un disque, mais les ingénieurs du son, camionneurs, comptables, et tous les employés du label, du magasin de vente, et des intermédiaires souffrent des baisses d'achat.
Pour les compagnies en question, il n'y a que peu d'issues, pouvant être menées parallèlement:
- un combat d'arrière-garde légal en faveur de la répression, ou des barrières technologiques. Dans les 2 cas, cette solution est peu efficace, le nombre de pirates faisant que la loi et dépassée et les protections vite battues
- la recherche de nouveaux modèles économiques dans la cadre de la gratuité de l'oeuvre. Downloaders, ne venez pas vous plaindre si les placements de produits dans les oeuvres se multiplient. A quand un coca-cola dans "La Guerre des Trônes"?
- une voie intermédiaire consistant à proposer le produit à un moindre coût. Si cette alternative semble attirante, elle comporte un risque majeur, qui est celui que les utilisateurs ne sont pas forcément prêts à payer du tout pour l'oeuvre. C'est particulièrement vrai si la baisse des prix entraîne une baisse des budgets et donc de la qualité
De façon intéressante, cette problématique s'inscrit dans le coeur des évolutions les plus importantes et constantes du monde moderne:
- globalisation: un pirate peut mettre un programme en download pour des utilisateurs du monde entier, la traduction étant rapidement effectuée par des groupes locaux
- régionalisation: malgré la globalisation, un des solutions proposées consiste à rendre les oeuvres plus locales, afin d'intéresser des publics spécifiques, plus susceptibles de payer pour une oeuvre
- décentralisation: des petits groupes ou personnes isolées peuvent maintenant accéder à de nombreuses oeuvres ou les pirater facilement
- développement technologique, de nombreux foyers regardant des vidéos sur ordinateur, ou smartphone, et les faisant passer à d'autres utilisateurs, d'où d'ailleurs la montée en puissance de la vidéo on demand (VoD) comme moyen de vente des oeuvres culturelles.
C'est une belle formulation, certainement, et en tout cas un bel acte de "marketing" de ce qui est légalement un vol de propriété intellectuelle.
Ceci dit, il est intéressant de constater que nombre d'entre nous ne considèrent pas la propriété intellectuelle comme une propriété privée, au contraire d'objets physiques. Les sentiments varient énormément en fonction des pays et de leur culture, ainsi bien sûr que du PIB par habitant en PPP. Un pays pauvre constatera très logiquement plus de piratages.
La France et les USA sont des cas intéressants, car dans la moyenne. Des abonnements peu chers et un accès facile à la musique et vidéo augmentent le taux de piratage, tandis que des systèmes légaux bien établis viennent le contrecarrer.
L'aspect psychologique est probablement le plus intéressant, mais très difficile à catégoriser succinctement. De nombreuses personnes sont outrées par les actions du gouvernement et des entreprises privées pour "restreindre", c'est à dire monnayer, l'accès à la "culture" (si on peut appeler ainsi les séries TV et tubes musicaux).
Mais à moins que le possesseur de l'oeuvre ne décide de l'offrir gratuitement au public, il n'y a aucune raison objective pour que l'acquisition de cette propriété intellectuelle soit gratuite, et ce même si elle a déjà été diffusée gratuitement sur des supports tels que radio et TV, payée dans ce cas par un abonnement ou les recettes publicitaires.
Au final, la plupart des arguments en faveur de la gratuité relèvent soit de politique anti-capitaliste un peu fallacieuse (avis aux fans de Lady Gaga: elle est tout ce qu'il y a de capitaliste) soit de justification pour ce qu'il reste un vol.
Les majors du disque ont essuyé des pertes financières lourdes, et cherchent donc à rentabiliser leurs oeuvres. Madonna n'a certes pas besoin des 20€ de la vente d'un disque, mais les ingénieurs du son, camionneurs, comptables, et tous les employés du label, du magasin de vente, et des intermédiaires souffrent des baisses d'achat.
Pour les compagnies en question, il n'y a que peu d'issues, pouvant être menées parallèlement:
- un combat d'arrière-garde légal en faveur de la répression, ou des barrières technologiques. Dans les 2 cas, cette solution est peu efficace, le nombre de pirates faisant que la loi et dépassée et les protections vite battues
- la recherche de nouveaux modèles économiques dans la cadre de la gratuité de l'oeuvre. Downloaders, ne venez pas vous plaindre si les placements de produits dans les oeuvres se multiplient. A quand un coca-cola dans "La Guerre des Trônes"?
- une voie intermédiaire consistant à proposer le produit à un moindre coût. Si cette alternative semble attirante, elle comporte un risque majeur, qui est celui que les utilisateurs ne sont pas forcément prêts à payer du tout pour l'oeuvre. C'est particulièrement vrai si la baisse des prix entraîne une baisse des budgets et donc de la qualité
De façon intéressante, cette problématique s'inscrit dans le coeur des évolutions les plus importantes et constantes du monde moderne:
- globalisation: un pirate peut mettre un programme en download pour des utilisateurs du monde entier, la traduction étant rapidement effectuée par des groupes locaux
- régionalisation: malgré la globalisation, un des solutions proposées consiste à rendre les oeuvres plus locales, afin d'intéresser des publics spécifiques, plus susceptibles de payer pour une oeuvre
- décentralisation: des petits groupes ou personnes isolées peuvent maintenant accéder à de nombreuses oeuvres ou les pirater facilement
- développement technologique, de nombreux foyers regardant des vidéos sur ordinateur, ou smartphone, et les faisant passer à d'autres utilisateurs, d'où d'ailleurs la montée en puissance de la vidéo on demand (VoD) comme moyen de vente des oeuvres culturelles.
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