Tuesday, January 3, 2012

Les banques et les Etats

Suivi de l'article "The Survival of the Euro"

Désolé de passer de l'anglais au français, mais je préfère poster dans la langue de l'article servant de référence, s'il y en a un. Dans ce cas, un édito de Michel Rocard paru dans Le Monde du 03/01/12 Pourquoi faut-il que les Etats payent 600 fois plus que les banques ?

M. Rocard met en avant le fait que des banques en manque de liquidité avaient eu l'occasion d'emprunter à des taux extrêmement bas auprès des banques centrales, ce à quoi n'ont pas accès les Etats.

Il convient d'ajouter que si une banque a besoin de liquidités, elle est en difficulté, et a donc été mal gérée ou a souffert d'un retournement de conjoncture. Cela revient donc, comme il a été largement démontré depuis le début de la crise de 2008, à récompenser la mauvaise gestion des banques, puisque ces prêts étaient associés à très peu de contraintes. Même si des banques comme Goldman Sachs ont techniquement changé de statut, cela n'a rien changé à leurs opérations, ni aux sommes conséquentes versées à leurs managers.

Ces prêts démontrent aussi l'importance primordiale et excessive que le système bancaire a acquis. Son but est normalement d'être l'huile de l'économie, en prêtant l'argent d'épargnants à des emprunteurs afin de maximiser le développement économique. En allant bien au-delà, le système financier a à mon sens outrepassé son rôle, tout en acquérant une importance, un pouvoir, et des revenus financiers hors de proportion de leur utilité réelle. En effet, le système financier ne produit que peu, même de services. Même les activités de conseil, fort utiles, ne génèrent que peu d'augmentation de productivité auprès de leurs clients.

Or, en relation au post précédent du blog, peu a été fait par les politiciens pour changer cet état de fait. Et quand cela a été le cas, tel en Grèce où les créditeurs privés ont vu leurs prêts disparaître pour moitié, cela a été mal communiqué, ne changeant en rien l'attitude du public, qui se situe entre ressentiment, incompréhension de la complexité du système, et passivité.

La crise de l'euro peut permettre des réformes de fond, et a d'ailleurs généré de bonnes idées, même si leur mise en œuvre peut être difficile à l'échelle internationale, telle la taxe "Tobin" sur les transactions visant à décourager la spéculation à court terme, qui à l'inverse d'investissements à long terme du type de ceux effectués par Berkshire Hattaway, ne remplit pas de fonction utile pour l'économie.

Par contre, si je pense que les taux d'emprunt de la plupart des Etats semblent actuellement très élevés, en particulier au vu des rendements faibles d'autres formes d’investissements telles actions ou matière premières, je ne peux être d'accord avec M. Rocard sur l'idée d'établir une dette à plusieurs niveaux, où des emprunts anciens seraient payés à des taux plus bas que des emprunts récents. Même si les politiciens au pouvoir ont changé, la personne morale de l'Etat ayant emprunté reste la même, et ses créditeurs sont en droit d'attendre un paiement selon les termes signés au moment de l'emprunt.
Il reste que les banques centrales ont effectivement la possibilité d'aider les Etats à refinancer et restructurer leur dette, et que cette possibilité est discutée. Son gros avantage est une sortie rapide de la dette, son gros défaut est que cela évite un réforme nécessaire du train de vie des Etats, comme les dévaluation pré-euro. C'est à coup de dévaluations que des pays comme l'Italie et la Grèce sont sorties de crises antérieures, et cela ne fait qu'amplifier la crise actuelle, puisque les réformes structurelles nécessaires n'ont pas été prices.
De ce point de vue, il sera intéressant de voir les résultats des actions entreprises par le nouveau gouvernement espagnol, qui semblent très profondes, et au vu du taux de chômage actuelles, peuvent difficilement faire empirer la situation.

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